Terrasses du Larzac :
Tout savoir sur l'appellation
Si on vous dit Languedoc, vous pensez peut-être à la mer, aux cigales et aux gros rouges charpentés et chaleureux. Et pourtant, à une demi-heure au nord-ouest de Montpellier, il existe un coin de vignoble qui bouscule tous les clichés. Bienvenue dans les Terrasses du Larzac : une AOP jeune (reconnue officiellement en 2014 seulement), mais qui fait déjà parler d’elle comme l’une des plus excitantes de tout le sud de la France.
Ici, les vignes poussent en altitude, au pied d’un immense plateau montagneux d’environ 900m d’altitude. Les nuits sont fraîches, les sols ont des couleurs improbables — du rouge sang au blanc caillouteux — et les vignerons, souvent venus d’ailleurs, partagent une même obsession : faire des vins qui ont de la personnalité sans forcer le trait. Des rouges à la fois généreux et frais, profonds et digestes, le genre de bouteille qu’on ouvre pour un dîner entre amis et autour de laquelle on finit par discuter pendant des heures.
Que vous soyez amateur curieux, passionné en quête de nouvelles découvertes ou simplement de passage dans le coin, ce guide vous raconte tout : l’histoire de l’appellation, les secrets de son terroir, le profil de ses vins, et les bonnes raisons de venir y faire un tour.








Une histoire qui remonte (bien) plus loin qu'on ne croit
Des Romains aux moines
On n’a pas attendu 2014 pour faire du vin ici. La vigne est présente sur les terrasses du Larzac depuis l’Antiquité : une voie romaine très fréquentée reliait Cessero (aujourd’hui Saint-Thibéry, sur la côte) à Segodunum (Rodez), et passait par Lodève, en plein cœur de la zone. Les Romains, pas fous, avaient déjà repéré le potentiel du coin.Mais le vrai coup d’accélérateur vient au Moyen Âge, avec la fondation de l’Abbaye d’Aniane par Saint-Benoît en 782. Cette abbaye, véritable « mère » des abbayes bénédictines européennes, a joué un rôle majeur dans le développement de la viticulture locale. Les moines d’Aniane et de Saint-Guilhem-le-Désert cultivaient la vigne sur les terrasses surplombant les vallées et vinifiaient dans les caves de leurs prieurés. Ce sont eux qui, les premiers, ont commencé à comprendre que chaque parcelle, chaque exposition, chaque type de sol donnait un vin différent.
Pendant des siècles, les paysans ont façonné le paysage : culture de l’olivier aux côtés de la vigne, construction de murets, de terrasses et de capitelles (ces petites cabanes de pierres sèches typiques du Languedoc) avec les pierres locales — blanches quand c’est du calcaire, rouges et ocre quand c’est du grès ou des pélites, noires quand c’est du basalte. Un patchwork de couleurs qui raconte la géologie à ciel ouvert.
Le creux de la vague et le renouveau
Comme tout le Languedoc, la région a traversé des périodes difficiles. Le phylloxéra au XIXe siècle a ravagé les vignobles. Puis, pendant une bonne partie du XXe siècle, notre Languedoc a été cantonné au rôle de « cave à gros volumes » de la France — on produisait beaucoup, pas forcément très bien.
Le tournant arrive dans les années 1970-80, porté par une poignée de pionniers un peu têtus. Aimé Guibert identifie le potentiel extraordinaire de parcelles de garrigue dans les hauteurs d’Aniane et crée le Mas de Daumas Gassac, que la presse ne tardera pas à surnommer le « premier grand cru du Languedoc ».Laurent Vaillé fonde La Grange des Pères, domaine devenu culte.
En 1985, Olivier Jullien, tout jeune, crée le Mas Jullien à Jonquières et devient l’une des figures de proue du renouveau qualitatif, tout comme Frédéric Pourtalié au domaine Montcalmes. Ces deux domaines deviendront les piliers de la future appellation terrasses du Larzac.
Ces vignerons partagent une conviction : ce terroir, avec son altitude, sa fraîcheur et ses sols si variés, peut donner des vins qui n’ont rien à envier aux grandes appellations françaises. Il faut juste travailler autrement — mieux, pas plus.
L'AOC en 2014 : la consécration
Conscients de la singularité de leur vignoble, les vignerons se regroupent dès les années 1990 pour promouvoir l’identité des Terrasses du Larzac. La dénomination est d’abord reconnue au sein des Coteaux du Languedoc en 2004, avant d’obtenir son AOC à part entière en 2014, par le décret n°2014-1200 du 17 octobre.
Pour une appellation aussi jeune, le chemin parcouru est remarquable. Aujourd’hui, les Terrasses du Larzac comptent environ 100 vignerons et viticulteurs, répartis sur 32 communes et environ 700 hectares de vignes. Et la dynamique ne faiblit pas : on compte environ 25 nouvelles installations sur les cinq dernières années. Un signe qui ne trompe pas.
Un terroir en technicolor : pourquoi les sols comptent autant
Si on devait résumer les Terrasses du Larzac en un mot, ce serait peut-être « diversité ». La zone couvre les quatre ères géologiques — autant dire qu’en matière de sols, c’est un vrai festival. Et cette diversité se retrouve directement dans les vins : d’une parcelle à l’autre, d’un village à l’autre, les profils changent.
Mais concrètement, ça veut dire quoi pour ce qu’on retrouve dans le verre ? On vous explique les principaux types de sols et ce qu’ils apportent.
Les ruffes : ces terres rouges vieilles de 250 millions d'années
C’est probablement le sol le plus spectaculaire de l’appellation — et celui qui a donné son nom à notre domaine, Le Clos Rouge. Les ruffes, on les repère de loin : ce sont ces terres d’un rouge profond, parfois nuancé de lie-de-vin, qu’on trouve notamment autour du Lac du Salagou. Le mot « ruffe » vient de l’occitan ruffus, qui signifie tout simplement… rouge.
D’où vient cette couleur ? Ces sols sont issus de dépôts de sédiments argileux datant du Permien, il y a plus de 250 millions d’années. Leur teinte vient de l’oxydation du fer qu’ils contiennent — le même phénomène qui donne sa couleur à la rouille.
Ce que ça donne dans le verre : Les ruffes sont des sols pauvres et austères. Tous les cépages ne s’y plaisent pas, mais ceux qui y sont adaptés — comme le Carignan, le Cinsault ou certains Grenaches — y trouvent un équilibre rare. La vigne doit aller chercher l’eau en profondeur, ce qui concentre naturellement les arômes. Résultat : des vins généreux, avec une vraie profondeur, mais aussi une fraîcheur qui surprend. On parle souvent d’une « signature minérale » subtile dans les rouges issus de ruffes, une belle tension qui donne de l’énergie au vin.
Les pélite grises : la minéralité en finesse
Au nord de l’appellation, notamment autour de Saint-Privat, on trouve des sols de pélites argileuses grises de structure schisteuse — ces roches feuilletées, souvent sombres, qui se réchauffent vite au soleil et restituent la chaleur la nuit.
Ce que ça donne dans le verre : Les pelites produisent des vins souvent plus aériens et fins, avec des tanins soyeux et une belle élégance aromatique. Si les ruffes donnent de la puissance, ces « schistes » apportent de la délicatesse. C’est un peu la différence entre un joueur de rugby et un danseur — les deux impressionnent, mais pas de la même façon.
Les argilo-calcaires et gravettes : rondeur et gourmandise
Sur d’autres parcelles de l’appellation, la vigne plonge dans des sols argilo-calcaires ou des gravettes (ces sols caillouteux bien drainants). Le calcaire, c’est un peu le meilleur ami de la vigne : il régule l’eau, garde de la fraîcheur, et les cailloux en surface réfléchissent la lumière vers les grappes.
Ce que ça donne dans le verre : Des vins souvent plus ronds, plus gourmands, avec un fruit mûr et croquant. Le calcaire aide à conserver une belle acidité naturelle, ce qui se traduit par des vins digestes et agréables, même quand ils sont concentrés.
Les galets roulés et les autres
On trouve aussi des galets roulés (notamment à Puéchabon, un peu comme à Châteauneuf-du-Pape), du basalte lié au passé volcanique de la zone, et des marno-calcaires sur les berges de l’Hérault. Chaque type de sol apporte sa touche au tableau.
C’est toute la magie de l’appellation : un vigneron qui possède des parcelles sur plusieurs types de sols peut jouer avec cette palette pour composer ses assemblages. C’est ce que font la plupart des vignerons ici, et c’est ce qui explique pourquoi deux Terrasses du Larzac peuvent être très différents l’un de l’autre tout en partageant un «air de famille».
Le climat : quand la montagne rafraîchit la Méditerranée
Si on ne devait retenir qu’une chose sur le climat des Terrasses du Larzac, ce serait celle-ci : les nuits sont fraîches. Et en viticulture, ça change tout.
L'amplitude thermique, le secret le mieux gardé
L’appellation s’étend entre 50 et 450 mètres d’altitude environ, et la majorité des parcelles se situe assez haut. Au-dessus, le plateau du Larzac culmine à plus de 800 mètres, avec le Mont Saint-Baudille comme point culminant (848 m). Ce plateau agit comme un gigantesque climatiseur naturel : pendant la journée, le soleil méditerranéen chauffe normalement les vignes. Mais dès le soir, l’air frais descend du Causse et les températures chutent.
Les écarts de température entre le jour et la nuit peuvent dépasser 20°C en été — c’est considérable. En comparaison, les vignobles du littoral languedocien tournent plutôt autour de 11°C d’amplitude.
Pourquoi c’est important ? Pendant la journée, la chaleur permet aux raisins d’accumuler des sucres et de mûrir leurs tanins. La nuit, le coup de frais stoppe le processus et préserve l’acidité naturelle du raisin — cette acidité qui donne aux vins leur fraîcheur et leur vivacité. C’est ce va-et-vient entre chaud et froid qui permet une maturation lente et progressive. Les arômes ont le temps de se développer en complexité : fruits rouges, fruits noirs, épices, garrigue… tout ça se construit doucement, pas à pas.
Pour le dire simplement : si les raisins mûrissaient trop vite (comme c’est parfois le cas dans les vignobles très chauds), on obtiendrait des vins lourds, confiturés, qui manquent de relief. Ici, grâce à cette fraîcheur nocturne, les vins gardent un équilibre entre la générosité du Sud et une vraie tension. C’est la signature des Terrasses du Larzac.
La Tramontane et le vent du nord : les vignerons ne sont pas seuls
Les vents jouent aussi un rôle clé. La Tramontane (vent du nord-ouest) et le vent du nord (venant du massif central) s’engouffrent régulièrement dans les vallées de l’Hérault et de la Lergue, balayant les vignes.
En pratique, ça sert à quoi ? D’abord, le vent assèche l’humidité sur les feuilles et les grappes, ce qui limite naturellement le développement de maladies comme le mildiou ou l’oïdium — ces champignons qui adorent l’humidité. C’est un allié précieux, surtout pour les vignerons qui travaillent en bio et n’utilisent pas de produits chimiques pour protéger leurs vignes (et ils sont nombreux ici : environ 85% de l’appellation est certifiée en agriculture biologique).
Ensuite, le vent renforce la concentration des raisins en favorisant une légère évaporation. Moins d’eau dans la baie = plus de concentration d’arômes et de saveurs.
Peu de brumes marines, beaucoup de lumière
L’éloignement de la mer — on est quand même à une bonne quarantaine de kilomètres du littoral — signifie qu’il n’y a pas de brumes marines. Le ciel est d’une luminosité particulière, et le soleil tape franchement. Les précipitations (autour de 800-900 mm par an) se concentrent en automne et au printemps, laissant des étés secs — parfois même arides dans les zones de garrigue.
Cette combinaison — soleil généreux, étés secs, nuits fraîches, vents réguliers — c’est un peu le tiercé gagnant pour faire des vins qui ont à la fois du caractère et de l’élégance.
Les cépages et les règles du jeu : l'art de l'assemblage
Les cépages autorisés
L’AOP Terrasses du Larzac, c’est exclusivement du vin rouge. Pas de blanc, pas de rosé autorisé sous cette appellation (pour l’instant…😉). Les vignerons du coin font malgré tout d’excellents blancs et rosés, commercialisés sous d’autres appellations — on y revient plus bas.
Le cahier des charges autorise neuf cépages, répartis en deux catégories :
Cépages principaux (au moins 75% de l’assemblage) : le Grenache Noir, la Syrah, le Mourvèdre et le Carignan Noir. Ce sont les piliers de l’appellation.
Cépages accessoires (maximum 25% dont maximum 10% hors Cinsault) : le Cinsault, la Counoise, le Lledoner Pelut, le Morrastel et le Terret Noir. Moins connus, mais ils apportent chacun leur petit plus.
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ces noms, voici ce que chacun apporte au « cocktail » :
| Cépage | Catégorie | Proportion autorisée | Ce qu’il apporte au vin |
|---|---|---|---|
| Grenache Noir | Principal | Max. 75% encépagement, max. 70% assemblage | La colonne vertébrale : rondeur, corps, fruits rouges mûrs (cerise, framboise), chaleur |
| Syrah | Principal | Max. 75% encépagement, max. 70% assemblage. Min. 20% (avec ou sans Mourvèdre) | La couleur et la structure : robes sombres, violette, poivre, fruits noirs, tanins charpentés |
| Mourvèdre | Principal | Max. 75% encépagement, max. 70% assemblage. Min. 20% (avec ou sans Syrah) | La profondeur : cuir, épices, notes animales, grosse capacité de garde |
| Carignan Noir | Principal | Max. 75% encépagement, max. 50% assemblage | Le vieux sage : acidité, tanins fermes, arômes de garrigue. Excellent sur sols pauvres (ruffes) |
| Cinsault | Accessoire | Max. 25% | Le tendre : souplesse, finesse, arômes fruités et floraux, élégance |
| Counoise | Accessoire | Max. 10% (total accessoires hors Cinsault) | Fraîcheur, épices douces, notes poivrées |
| Lledoner Pelut | Accessoire | Max. 10% (total accessoires hors Cinsault) | Cousin rustique du Grenache : fruit, rondeur, résistance au vent |
| Morrastel | Accessoire | Max. 10% (total accessoires hors Cinsault) | Couleur intense, tanins, caractère méridional |
| Terret Noir | Accessoire | Max. 10% (total accessoires hors Cinsault) | Acidité, légèreté, fraîcheur — le discret de la bande |
Les règles d'assemblage : pourquoi c'est important
En Terrasses du Larzac, on ne fait pas du vin « mono-cépage » (un seul cépage). Le cahier des charges impose un assemblage d’au moins 3 cépages, dont au moins 2 principaux. La Syrah et/ou le Mourvèdre doivent représenter au moins 20% de l’encépagement. Aucun cépage ne peut dépasser 75% dans la vigne ni 70% dans l’assemblage final.
Pourquoi ces règles ? Parce que l’identité des Terrasses du Larzac repose sur la complémentarité. Chaque cépage apporte une pièce du puzzle. Le Grenache donne la rondeur, la Syrah la couleur et la structure, le Carignan la fraîcheur, le Cinsault l’élégance… En obligeant les vignerons à assembler, le cahier des charges garantit des vins complexes et équilibrés, qui expriment le terroir plutôt qu’un seul cépage.
C’est aussi ce qui distingue les Terrasses du Larzac d’appellations mono-cépage : ici, le vigneron est un peu chef d’orchestre. Il doit connaître chaque parcelle, chaque cépage, et savoir comment les marier pour que le résultat soit harmonieux.
L'élevage : la patience récompensée
Autre particularité de l’appellation : les vins doivent être élevés (vieillis) au minimum jusqu’au 15 août de l’année suivant la récolte, et ne peuvent être mis en vente qu’à partir du 1er septembre. Soit 12 mois d’élevage minimum. L’élevage peut se faire en cuve (inox, béton…) ou bien en barrique, demi muids, amphores…
En pratique, la plupart des vignerons vont bien au-delà : entre 18 et 24 mois d’élevage, c’est la norme. Cet élevage permet aux tanins de se fondre, aux arômes de s’affiner et au vin de gagner en complexité. Concrètement, quand vous ouvrez une bouteille de Terrasses du Larzac, le vin a déjà eu le temps de « se poser ». Les tanins sont souvent plus soyeux, moins agressifs, et les arômes plus intégrés qu’un vin mis en bouteille très jeune.
Le rendement : moins pour mieux
Le rendement maximum est fixé à 45 hectolitres par hectare (35 hl/ha pour les jeunes vignes). Cela signifie que les vignerons sont obligés de contrôler le nombre de grappes par pieds de vigne, par la taille, ou en faisant tomber des grappes vertes.
En réalité, la moyenne effective est plutôt autour de 30-35 hl/ha. Pour donner une comparaison, l’AOP Languedoc générique autorise 50 hl/ha.
Moins de raisins par hectare = des raisins plus concentrés = des vins plus intenses. C’est mathématique. Couplé à des sols naturellement pauvres qui limitent la vigueur de la vigne, on obtient des raisins petits, gorgés de saveurs — la base idéale pour des vins de caractère.
Dans le verre : à quoi ressemble un Terrasses du Larzac ?
Le profil aromatique
Ouvrez une bouteille de Terrasses du Larzac, et voici ce qui vous attend (en moyenne, car chaque cuvée a sa personnalité) :
À l’œil : une robe pourpre ou grenat, souvent profonde, parfois avec des reflets noirs ou violines.
Au nez : un bouquet fin et complexe. On retrouve souvent des arômes de fruits rouges (cerise, framboise, groseille) et de fruits noirs (mûre, cassis), accompagnés de notes de garrigue (thym, laurier, romarin — normal, les vignes baignent dedans), d’épices (poivre, réglisse), parfois de violette, d’olive noire ou de notes grillées. Avec le temps, les vins évoluent vers des notes de cuir, de tabac, de foin, voire de truffe.
En bouche : c’est là que la magie des Terrasses du Larzac opère. On retrouve cette fameuse combinaison générosité + fraîcheur qui fait la signature de l’appellation. Le vin a du gras, une belle structure tannique (mais des tanins souvent soyeux, pas rugueux), et surtout cette fraîcheur de fin de bouche qui donne envie d’y revenir. Les arômes de fruits mûrs et d’épices se prolongent longuement.
Un vin de garde (mais pas que)
Les Terrasses du Larzac sont des vins qui vieillissent bien. Le cahier des charges mentionne « essentiellement des vins de garde », et certains se révèlent après plus de 15 ans. En pratique, comptez 3 à 5 ans de cave pour la plupart des cuvées, et bien davantage pour les plus ambitieuses.
Mais — et c’est important — beaucoup de cuvées se boivent aussi très bien dans leur jeunesse, surtout si on prend le temps de les carafer. Les vignerons d’aujourd’hui cherchent des tanins mûrs et fins, ce qui rend les vins accessibles même jeunes.
Comment le servir ?
Température idéale : 15-16°C. Pas plus. C’est la tentation classique de servir les rouges du Sud trop chauds — mais un Terrasses du Larzac légèrement frais, c’est là qu’il exprime sa fraîcheur et sa finesse.
Le carafage est recommandé, environ une heure avant le service pour les vins jeunes. Pour les bouteilles plus anciennes (5 ans et plus), une décantation douce suffit.
Que manger avec un terrasse du Larzac ?
La cuisine méditerranéenne est évidemment un terrain de jeu idéal : un carré d’agneau au romarin, un magret de canard, une daube provençale, une côte de bœuf grillée aux herbes, des légumes du soleil rôtis au four.
Mais ne vous limitez pas aux classiques. Un Terrasses du Larzac se marie aussi très bien avec un tajine d’agneau aux pruneaux (les épices du plat font écho à celles du vin), un Roquefort (le fromage est produit juste à côté, sur le Larzac — coïncidence ? non.), ou même un dessert au chocolat noir pour les cuvées les plus structurées.
Et pour l’apéro ? Un carignan-cinsault léger et fruité servi un poil frais, avec des olives et de la charcuterie, fonctionnera très bien aussi.








Et les blancs dans tout ça ?
Petite parenthèse importante : l’AOP Terrasses du Larzac est réservée aux vins rouges. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne fait pas de blanc dans le coin — bien au contraire.
De nombreux vignerons de l’appellation produisent des blancs sous l’AOP Languedoc, IGP, ou Vin de France, à partir de cépages comme le Grenache Blanc, le Vermentino (aussi appelé Rolle), le Carignan Blanc ou le Carignan Gris. Nous avons même pas mal de Chenin sur l’aire d’appellation… Ces blancs bénéficient des mêmes conditions climatiques favorables — altitude, fraîcheur nocturne — et présentent souvent une belle vivacité et une minéralité séduisante.
Au Clos Rouge, notre cuvée Blaca (AOP Languedoc Blanc, Grenache Blanc, Vermentino et Carignan blanc) et notre Piccolo Bianco (Vin de France, Carignan Blanc et Carignan Gris) sont notre façon à nous de montrer ce que le terroir peut donner en blanc.
Des vignerons engagés : bio, collectif et esprit pionnier
85% de bio : pas un hasard
Si les Terrasses du Larzac comptent environ 85% de vignerons certifiés en agriculture biologique, ce n’est pas un simple effet de mode. Le terroir s’y prête naturellement : les vents réguliers limitent l’humidité et les maladies, les sols pauvres et caillouteux drainent bien l’eau, et l’ensoleillement généreux permet aux raisins de mûrir sans avoir recours à des traitements lourds.
Beaucoup de vignerons vont d’ailleurs au-delà du bio, en pratiquant la biodynamie ou l’agroécologie : couvert végétal dans les vignes, écopâturage (des brebis qui broutent entre les rangs — nettoyage naturel et fertilisation incluse), semis de plantes favorisant la biodiversité, utilisation de préparations à base d’ortie, de prêle ou de consoude plutôt que de produits de synthèse.
Le syndicat de l’appellation a d’ailleurs inscrit l’agroécologie au cœur de sa raison d’être. L’objectif affiché : en faire la norme, pas l’exception.
Un collectif de personnalités
Ce qui frappe quand on rencontre les vignerons et les vigneronnes des Terrasses du Larzac, c’est la diversité des profils. On y croise des héritiers de familles vigneronnes qui cultivent ces terres depuis des générations, mais aussi énormément de « néo-vignerons » : des gens qui avaient une autre vie avant — ingénieur, médecin, commerçant — et qui ont tout lâché pour faire du vin ici.
C’est notre histoire aussi, au Clos Rouge : Nous étions tous les deux dans le secteur médical et originaires de Montpellier. En 2013, ce qui devait être un projet de copains autour de 2 hectares s’est transformé en une vraie aventure vigneronne. Aujourd’hui, le domaine compte 13 hectares sur les communes de Saint-Jean-de-la-Blaquière et alentour, certifié bio depuis 2018 (mais en pratiques bio dès le premier jour).
Ce mélange de parcours donne à l’appellation une énergie particulière. Les gens se connaissent, s’entraident pendant les vendanges, échangent des conseils. C’est un collectif au vrai sens du terme — pas juste un syndicat administratif.
Un collectif de personnalités
L’appellation abrite quelques noms qui comptent dans le paysage viticole français. Le Mas de Daumas Gassac (Aniane), souvent considéré comme le pionnier qui a « mis la région sur la carte ». Le Mas Jullien (Jonquières) d’Olivier Jullien, artisan du renouveau languedocien. Le Domaine de Montcalmès (Puéchabon), conduit en bio et biodynamie par Frédéric Pourtalié. Et tant d’autres : Mas Cal Demoura, Les Vignes Oubliées, Mas des Chimères, Château de Jonquières, Domaine du Pas de l’Escalette, Clos du Serres…
La liste s’allonge chaque année, et c’est justement ce qui rend les Terrasses du Larzac si passionnantes : il y a toujours un nouveau domaine à découvrir, une nouvelle cuvée qui surprend.
Visiter les Terrasses du Larzac : bien plus que du vin
Un territoire à couper le souffle







Terrasses du Larzac : On vient pour la nature, on reste pour les hommes
Venir déguster dans les Terrasses du Larzac, c’est aussi s’en prendre plein les yeux. L’appellation est entourée de sites naturels et patrimoniaux remarquables :
Le Lac du Salagou classé Grand Site de France, avec ses eaux émeraude qui contrastent avec les terres rouges des ruffes — un paysage quasi lunaire, à quelques minutes de nos vignes de Saint-Jean-de-la-Blaquière.
Saint-Guilhem-le-Désert, village médiéval classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, niché au fond des gorges de l’Hérault. Probablement l’un des plus beaux villages de France (et on ne dit pas ça juste parce qu’on est du coin).
Le Cirque de Navacelles, Grand Site de France lui aussi, avec ses gorges vertigineuses creusées par la Vis. Ainsi que le cirque de Mourèze qui offre lui aussi un spectacle géologique impressionnant.
Les gorges de l’Hérault et le fameux Pont du Diable et la Grotte de Clamouse, pour ceux qui aiment l’aventure souterraine.
Et partout, la garrigue, les oliviers, les chênes verts, les murets de pierres sèches et cette lumière si particulière qui donne au paysage des allures de tableau.
L’aire d’appellation Terrasses comporte en son sein 5 sites classés au patrimoine de l’UNESCO !
Deguster sur place
La plupart des domaines de l’appellation proposent des visites et dégustations, généralement sur rendez-vous. C’est l’occasion de poser toutes vos questions directement aux vignerons (ils adorent ça), de voir les vignes, de comprendre les sols, et bien sûr de goûter.
Le syndicat de l’appellation a aussi développé une Web-App « Itinérances en Terrasses du Larzac » : des routes des vins à parcourir à pied à votre rythme, avec des podcasts qui vous racontent la géologie, les cépages et l’histoire du territoire.
Au Clos Rouge, on vous accueille sur rendez-vous à Saint-Jean-de-la-Blaquière pour une visite des vignes et de la cave, suivie d’une dégustation. Nous vous ferons découvrir les ruffes rouges, notre terroir, et surtout les vins qui en naissent.
FAQ — Vos questions sur les Terrasses du Larzac
Pourquoi l'appellation ne produit-elle que du rouge ?
C’est un choix historique lié à l’identité du terroir. Quand l’AOC a été définie, les vins rouges étaient de loin les plus caractéristiques et les plus reconnus de la zone, mais aussi les plus plantés. Cela dit, les vignerons produisent aussi d’excellents blancs (sous AOP Languedoc ou Vin de France).
Quelle est la différence entre un AOP Terrasses du Larzac et un AOP Languedoc ?
Les Terrasses du Larzac sont une appellation « hiérarchique », plus exigeante que l’AOP Languedoc générique. Les différences principales : des rendements plus bas (45 hl/ha contre 50), un élevage minimum de 12 mois obligatoire, un assemblage de 3 cépages minimum (contre 2 en Languedoc), et une aire géographique beaucoup plus restreinte (32 communes). En résumé, c’est un cran au-dessus en termes d’exigence.
Combien de temps peut-on garder un Terrasses du Larzac ?
La plupart des cuvées se conservent très bien 3 à 5 ans, et les plus ambitieuses peuvent se bonifier pendant 10 à 15 ans, voire davantage. Mais beaucoup se boivent aussi avec plaisir dans leur jeunesse, surtout après un bon carafage.
Quel est le prix moyen d'une bouteille ?
C’est l’un des atouts de l’appellation : le rapport qualité-prix est souvent excellent. Comptez entre 10 et 20€ pour la plupart des cuvées, avec des pointes à 30-50€ pour les domaines les plus prestigieux. Comparé à des appellations de notoriété similaire dans la Vallée du Rhône ou en Bourgogne, c’est une vraie aubaine.
Pourquoi autant de vignerons en bio ?
Le climat s’y prête naturellement : vent, soleil, sols drainants… Les conditions idéales pour limiter les traitements. Ajoutez à ça une génération de vignerons sensibles aux questions environnementales et un syndicat qui pousse dans cette direction, et vous obtenez l’une des appellations les plus « vertes » de France.
Que signifie « terrasses » dans Terrasses du Larzac ?
Le mot renvoie à plusieurs réalités : les terrasses géologiques (ces formations en gradins créées par l’érosion et les ères successives), les terrasses construites par les agriculteurs au fil des siècles pour cultiver en pente, et plus largement la position en « balcon » du vignoble, adossé au plateau du Larzac.
Ce guide est rédigé par l’équipe du Clos Rouge, domaine viticole en agriculture biologique situé à Saint-Jean-de-la-Blaquière, au cœur de l’AOP Terrasses du Larzac. Nos cuvées Alerte Rouge, Babel et Maro sont des AOP Terrasses du Larzac.